Les grandes écoles françaises d’ingénieurs et de management proposent un nombre croissant de formations à destination des salariés, qu’ils soient professions intermédiaires ou cadres. À la clé, des parcours de spécialisation ou de double compétence prestigieux, estampillés par la Conférence des Grandes Écoles (CGE).
Grandes écoles et formation continue : état des lieux
Un catalogue très large de formations
Depuis une vingtaine d’années, les grandes écoles de commerce et de management ont ouvert et développent un catalogue de formations destinées aux professionnels :
- sessions/séminaires sur-mesure pour les entreprises ;
- certificats ;
- Executive MBA (master in Business Administration) ;
- Executive DBA (Doctorate in Business Administration) ;
- programmes courts, comme les « summer schools » ;
- diplôme phare, par exemple un master en management pour les écoles de commerce ;
- titres plus spécifiques et spécialisés sur des compétences précises ;
- mastères spécialisés, des formations de niveau bac +6 créées et labellisées par la CGE.
Un segment en plein développement
Cet essor est propulsé par plusieurs facteurs. La mission première des grandes écoles est d’être en prise directe avec les entreprises, tant en matière de management que de compétences techniques pointues. La formation continue contribue à renforcer ces liens avec les entreprises – avec d’importantes retombées positives pour la recherche, et donc pour la qualité de l’enseignement.
Pour ces écoles, la formation continue constitue un enjeu essentiel pour continuer de se développer, en dégageant de nouvelles ressources financières, sur un marché de plus en plus concurrentiel. Pour certains, la formation professionnelle peut représenter jusqu’à 20 % de leur budget global (voire près de 50 % pour des écoles de top prestige comme HEC Paris).
En poussant les écoles à concevoir des programmes toujours plus flexibles, pour des publics plus exigeants que les étudiants, la formation continue est un facteur-clé d’innovation pédagogique.
L’International constitue un débouché croissant pour un grand nombre d’écoles, tant pour les débouchés directs procurés que pour l’opportunité d’être référencé par des institutions internationales.
Cette croissance est également portée par le boom du numérique, l’essor des “EdTechs” et de l’intelligence artificielle et le besoin pour les diplômés de renouveler toujours plus vite leurs connaissances. Cette tendance de fond devrait s’accentuer, avec les évolutions de la loi Pour la liberté de choisir son avenir professionnel, de septembre 2018.
Modalités d’admission en grandes écoles et formation continue
Quels publics ?
Les formations pour adultes de ces établissements s’adressent à plusieurs types de publics : aux personnes (salariés, demandeurs d’emploi, professions libérales, etc.) ayant interrompu leurs études et désireuses d’acquérir ou de développer une qualification ou de valoriser leur expérience professionnelle, aux employeurs (privés ou publics) souhaitant développer les compétences de leurs salariés.
Quelles modalités de sélection ?
Pour postuler, il faut en général disposer d’un bac + 2 au minimum et d’une expérience professionnelle d’au moins 3 ans. Étude du dossier et entretien de motivation sont la règle pour intégrer les programmes.
Le niveau d’exigence est souvent directement fonction du degré de notoriété des écoles, les plus prestigieuses (HEC Paris, l’ESSEC, Centrale-Supélec ou Polytechnique) se concentrant sur des programmes d’Executive Education, réservés aux cadres de niveau bac + 4 ou 5.
De même, pour certaines filières (comme le mastère spécialisé, par exemple), un niveau d’études minimum de niveau bac + 3 ou 4 peut être exigé. Toutefois, certaines écoles permettent de candidater avec le seul Bac en poche, via la validation des acquis de l’expérience (VAE).
Le projet personnel et la volonté d’investissement du candidat sont au coeur des procédures de sélection, mais aussi l’adéquation concrète entre leurs activités professionnelles et le rythme choisi du cursus.
Grandes écoles et formation continue : modalités d’enseignement
Une organisation et des méthodes adaptées
Les programmes sont organisés de façon à s’adapter aux contraintes des personnes formées. Ainsi, le rythme et l’organisation sont souples : modules capitalisables, formations à temps plein ou à temps partiel, cours du soir, etc.
Les formations sont ouvertes et réalisables à distance, entièrement en ligne. Enfin, certains programmes blended (« mixte ») allient enseignement à distance et en « présentiel ».
Une réponse aux attentes des entreprises et des salariés
Les grandes écoles sont garantes de plusieurs atouts pour les salariés :
- un savoir-faire de pointe en ingénierie de formation et en recherche ;
- des capacités d’innovation et d’adaptation aux besoins ;
- une proximité géographique, avec, parfois, un ancrage territorial de pointe.
Exemple : le mastère spécialisé « Wine Business » à Burgundy School of Business, à Dijon, ou l’Aerospace MBA, à Toulouse.
Coût et mode de financement des grandes écoles et formation continue
Les programmes de formation continue des grandes écoles représentent un investissement important. Il faut compter entre 15 000 et plus de 20 000 € en moyenne, pour 18 à 24 mois de cours. On compte six principales modalités de financement (qui peuvent suppléer, totalement ou partiellement, l’investissement sur fonds propres) :
- CPF de transition professionnelle qui remplace le congé individuel de formation depuis le 1er janvier 2019 ;
- formation hors du temps de travail ;
- reconversion ou promotion par alternance ou « Pro-A » de l’article L. 6324-1 du Code du travail (ex-période de professionnalisation) ;
- contrat de professionnalisation ;
- plan de développement des compétences de l’article L. 6321-1 du Code du travail (ex-plan de formation) ;
- compte personnel de formation.